Récupérer les données sans payer les pirates : l'accusation contre Zohar Pinhasi et MonsterCloud
Le dirigeant israélo-américain d'une société de cybersécurité est accusé d'avoir caché des paiements de rançons et facturé plus de 19 millions de dollars. L'acte d'accusation, la réserve contractuelle et la contestation des faits.
Une entreprise est paralysée, ses fichiers sont verrouillés et le pirate réclame de l'argent. Un spécialiste propose alors une autre voie : récupérer les données sans payer les criminels. Pour le client, la promesse est double, reprendre l'activité et éviter de financer l'attaquant. L'acte d'accusation visant Zohar Pinhasi affirme que cette promesse faisait partie d'un mécanisme de fraude.
Pinhasi, citoyen israélien et américain résidant en Floride, possède et dirige MonsterCloud. Le parquet fédéral affirme que la société annonçait une technologie propriétaire de déchiffrement, mais achetait en réalité des clés aux pirates sans en informer de nombreux clients. Un exemple du document associe un paiement d'environ 8 200 dollars à un criminel à une facture d'environ 150 000 dollars au client.
L'acte d'accusation a été déposé le 23 septembre 2026 devant le tribunal fédéral du district est de New York, dossier 26-CR-271. La comparution pour lecture de l'accusation et le communiqué du parquet ont suivi le 7 octobre. BleepingComputer, citant le parquet fédéral, rapporte que Pinhasi a plaidé non coupable et a été libéré sous une caution de deux millions de dollars. Il s'agit d'accusations, pas d'une condamnation.
Sources: Acte d'accusation (PDF) · Parquet fédéral de New York · BleepingComputer
La promesse au client et la version de l'accusation
Selon l'acte d'accusation, le site de MonsterCloud présentait des outils et techniques avancés de récupération et mettait en garde contre le paiement de rançons. Le parquet affirme que certains clients avaient précisément choisi la société parce qu'ils ne souhaitaient pas payer les criminels et n'auraient pas autorisé un tel paiement.
L'accusation soutient que Pinhasi et ses associés ne disposaient pas d'une technologie propriétaire de déchiffrement. Ils auraient contacté les attaquants, acheté leurs clés et utilisé celles-ci pour débloquer les fichiers. Le dossier porte sur l'écart entre les déclarations aux clients, le service fourni et les informations qui leur auraient été cachées.
Sources: Acte d'accusation (PDF) · Parquet fédéral de New York
Un fichier débloqué devenu preuve de capacité
Le document décrit un service en deux étapes. Une analyse et des échantillons récupérés étaient généralement proposés pour environ 2 500 à 10 000 dollars, avant une récupération complète plus coûteuse. Le parquet affirme que, dans de nombreux cas, les échantillons déchiffrés provenaient des criminels eux-mêmes et étaient présentés aux clients sans que leur origine soit révélée.
La portée journalistique de cette allégation est qu'un fichier redevenu lisible ne prouve pas, à lui seul, qui l'a déchiffré ni comment. Selon l'accusation, cette démonstration aidait à convaincre les clients d'acheter la seconde étape, plus chère. Les ordinateurs, fichiers et échanges originaux des clients n'ont pas été examinés pour cet article.
Sources: Acte d'accusation (PDF)
La réserve contractuelle fait partie du dossier
L'acte d'accusation reconnaît lui-même que certains contrats envisageaient des échanges avec des cybercriminels, voire des paiements. Il serait donc inexact d'affirmer que tous les contrats excluaient cette possibilité. Selon le parquet, ces contrats présentaient toutefois le recours aux attaquants comme une démarche intervenant seulement après épuisement des moyens de déchiffrement direct.
L'allégation est que le contact avec les attaquants constituait généralement la première étape. La distinction est essentielle : le dossier concerne aussi les promesses, les informations communiquées, le moment du consentement et les actes effectivement accomplis. Il appartient au tribunal de trancher ces questions.
Sources: Acte d'accusation (PDF)
Plus de 19 millions de dollars facturés et plus de 8 millions de rançons
Selon l'acte d'accusation et les communiqués du ministère américain de la Justice, des centaines d'entreprises aux États-Unis et au Canada ont versé au total plus de 19 millions de dollars pour les services de la société. Plus de 8 millions auraient été payés aux auteurs de rançongiciels. Ces chiffres sont ceux de l'accusation et n'ont pas été établis au procès.
Outre l'exemple des 8 200 dollars et de la facture de 150 000 dollars, le document décrit un paiement d'environ 236 000 dollars à un attaquant et une facture d'environ 380 000 dollars au client. L'écart entre recettes et rançons ne prouve pas un bénéfice net ni que toutes les sommes facturées constituent un préjudice indemnisable. L'article ne calcule aucun montant de vol ou bénéfice judiciairement établi.
Sources: Acte d'accusation (PDF) · Parquet fédéral de New York · Ministère américain de la Justice
Trois chefs d'accusation et une confiscation conditionnelle
Le document comprend un chef d'entente en vue de commettre une fraude par moyens de communication et deux chefs de cette fraude, appelée wire fraud aux États-Unis. Le ministère de la Justice indique un maximum légal de 20 ans d'emprisonnement par chef en cas de condamnation. Ce plafond n'est ni une prévision de peine ni une peine prononcée.
L'acte annonce également l'intention du parquet de demander une confiscation en cas de condamnation. Cela ne signifie pas que des fonds ont déjà été confisqués ou rendus aux clients. Le fait que le prévenu possède aussi la nationalité israélienne ne transforme pas cette procédure américaine en accusation déposée en Israël.
Sources: Acte d'accusation (PDF) · Ministère américain de la Justice
La contestation de l'accusation et les inconnues
Le 7 octobre, BleepingComputer rapporte que le parquet a confirmé la comparution de Pinhasi, son plaidoyer de non-culpabilité et sa libération sous une caution de deux millions de dollars. Le média indique avoir sollicité ses avocats, Christopher Clark et Rodney Villazor ; la version examinée ne contient pas leur réponse. Aucun commentaire direct du prévenu, de la société ou de la défense n'a été obtenu pour cet article, et ce site ne les a pas sollicités.
Au 16 octobre 2026, la recherche publique n'a pas permis de trouver de jugement sur la culpabilité dans ce dossier. Le registre judiciaire complet n'a pas été consulté : l'article ne confirme donc ni l'absence de développements ultérieurs ni le maintien des conditions de libération. L'acte expose la thèse du parquet ; Pinhasi bénéficie de la présomption d'innocence.
Sources: BleepingComputer
L'article et ses traductions ont été préparés avec l'aide de l'IA. Les dix pages de l'acte d'accusation, accompagné d'une fiche d'information, ont été examinées visuellement ; les communiqués du parquet et le reportage de BleepingComputer ont été lus. Les pièces d'enquête et le registre judiciaire complet n'ont pas été consultés, et aucun commentaire direct n'a été obtenu.